La place du coaching et de la formation professionnelle dans la prévention des risques psychosociaux
Par Jean-Marie Lançon
Jean-Marie Lançon est médecin et victimologue, attaché au réseau national des Cellules d’Urgence Medico-Psychologique depuis plus de 10 ans. Il a créé en 2001 le cabinet LANÇON CONSEIL, au sein duquel il développe en parallèle une activité de conseil et de coaching ciblée sur la prévention et la prise en charge des risques psychosociaux.
Introduction
La prise en charge des risques psychosociaux au sein d’un programme adapté de gestion des risques professionnels nécessite la mise en oeuvre de plusieurs outils et process, parmi lesquels l’évaluation tient une place centrale. Les actions de conseil, de formation professionnelle continue et de coaching constituent « l’arsenal » complémentaire, principalement dans la mise en place des actions correctives sur les risques relevés au cours de l’évaluation.
La formation professionnelle continue permet la transmission de savoirs et de connaissances avec pour but de les transformer en compétences. Le formateur est en position d’expert. Il apporte des contenus externes.
Le coaching relève plus d’une action d’accompagnement qui permet l’émergence de compétences intrinsèques et l’optimisation de savoirs préexistants. Le coach est en position de facilitateur, il ne juge pas, ne « sait pas ». Il est un « catalyseur » de la création de nouvelles compétences.
Nous aborderons la place de ces deux outils dans la prévention des risques psychosociaux autour de deux aspects : le niveau de prévention et l’approche individuelle ou collective.
Rappelons ici que les actions de prévention se répartissent sur 3 axes principaux :
- La prévention primaire : qui tend à réduire voire supprimer la probabilité de survenue d’un risque avant son apparition.
- La prévention secondaire : qui désigne des interventions de prévention « précoce » face à un risque repéré afin d’en réduire les effets ou la propagation.
- La prévention tertiaire : qui répond à des actions de prise en charge et d’accompagnement des effets liées à un risque que l’on n’a pas pu éviter.
La formation professionnelle continue est un des moyens principaux de la prévention secondaire. Toutefois, la nécessité d’une connaissance préalable du champ des
risques psychosociaux pour conduire une démarche d’évaluation cohérente peut justifier le recours à une formation préalable. Elle cible les personnes prenant part à l’élaboration de la démarche et s’inclue alors dans le champ de la prévention primaire.
Le coaching est généralement considéré comme un outil de prévention tertiaire et bien souvent perçu plus comme un accompagnement individuel. Toutefois, certaines actions de coaching « systémique » touchent le groupe de travail dans le sens d’une amélioration des relations humaines et permettent de réduire considérablement les risques liés aux difficultés relationnelles (qu’elles soient de l’ordre du collectif du travail ou du management). Dans ce cas, il s’agit bien également d’un registre de prévention primaire.
Ce deuxième exemple met en lumière l’autre dimension des actions de prévention : celle de l’aspect collectif ou individuel. Il est d’usage (et nous adhérons à cette
approche) de privilégier les actions collectives qui sont plus à même de pérenniser un changement et d’intégrer le risque psychosocial au sein même de l’entreprise. Néanmoins, nous aurons l’occasion d’évoquer divers exemples d’accompagnements individuels qui touchent le collectif.
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